FOOTBALL

Au mois d’août 2001, une poignée de guides boliviens de haute montagne établissaient, sur l’initiative du Club Andina Boliviano, un record du monde aussi impressionnant qu’insolite.
Ils venaient de disputer, au sommet du volcan Sajama, point culminant de Bolivie à plus de 6500 mètres d’altitude, le match de football le plus haut du monde !
Un véritable exploit quand on songe aux obsatcles à franchir pour mener à bien ce projet.

D’abord bénéficier de conditions climatiques favorables.
Puis coordonner les efforts de tous (joueurs et porteurs) pour parvenir au sommet, au terme de trois jous d’ascension, dans un timing identique (et éviter aux premiers arrivés d’attendre le reste de l’équipe dans le froid glacial).
Enfin disputer le match à une altitude aussi incroyable. Il fallut plusieurs tentatives pour réunir toutes ces conditions, et, finalement, sur le sommet légèrement bombé du volcan, on traca un terrain, on y installa des cages, et les 23 acteurs du match (il y avait bien sûr un arbitre) enfilèrent shorts, maillots et crampons règlementaires pour disputer deux mi temps de 20 minutes au cours desquelles on utilisa un nombre inhabituel de ballons.
L’histoire n’a pas retenu le score ni le nom de l’équipe gagnante, l’enjeu de ce match littéralement « au sommet » allant au-delà de la performance humaine et sportive.
Le football atteint une dimension sacrée en Amérique du Sud, où il représente aujourd’hui le champ idéal à la cristallisation et l’exacerbation de rivalités nationales encore très vives.
Hors, les matches internationaux joués en Bolivie sont organisés à La Paz, sur un terrain situé à 3700 mètres, ce qui procure un avantage indéniable à la sélection locale au moment d’affronter des formations souvent plus athlétiques et plus habiles balle au pied, mais diminuées en raison de leur manque d’acclimatation à l’altitude.
Naturellement, les fédérations de football des pays voisins, notamment argentine et brésilienne, contestent l’équité de telles rencontres, et régulièrement émettent des plaintes contre cette situation, dans l’espoir d’y mettre fin.
Dans les dernières années, le sujet a pris des tournures d’affaire d’Etat et il fait toujours les gros titres de la presse, notamment lors des phases de qualification pour la coupe du monde.
De leur côté, les Boliviens estiment dans leur grande majorité qu’ils auraient tort de se priver d’un tel privilège, et n’hésitent pas, quitte à faire preuve de mauvaise foi, à le défendre et à le justifier.
D’autant plus quand ils recoivent le soutien d’une personnalité comme Jacques Chirac, qui lors de son voyage officiel en 1997, se déclara favorable à ce que La Paz accueille les rencontres internationales
Le match organisé au sommet du Sajama, par la puissance de sa symbolique, constitue une forme de provocation –stérile ?- sur l’air de « voyez, on peut très bien jouer au football en altitude ».
Il n’est pas sûr que cela suffise à maintenir l’avantage naturel dont jouissent les footballeurs boliviens.
On peut en revanche imaginer que l’exploit sera réedité. Simplement par goût du défi, ou pour la promotion de la Bolivie au travers du football, sujet universel.
L’unique participation à une phase finale de coupe du monde (en 1994) représente un bilan trop maigre et trop frustrant pour un peuple qui voudrait avoir plus d’occasions d’être fier de ses représentants.


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