A l’assaut de l’Aconcagua,

Niché dans la cordillère des Andes, entre Argentine et Chili, l’Aconcagua s’impose comme LA destination de choix tant pour les alpinistes aguerris que pour les bons randonneurs en montagne. La meilleure saison pour approcher la "sentinelle de pierre" - deuxième plus haut sommet du monde, à 6 962 mètres - est celle de l’été austral, surtout de décembre à février.

De loin, l’Aconcagua se cache bien. Le départ, depuis la vallée de Mendoza et ses vignobles qui fleurent bon le malbec, permet d’aborder en douceur les contreforts andins, via l’une des rares grandes routes reliant l’Argentine au Chili.

A l’entrée du parc provincial de l’Aconcagua, qu’on rejoint aussi facilement depuis Santiago du Chili, l’exotisme fait déjà son oeuvre : encadrée par de majestueuses montagnes aux flancs pelés colorés en rose ou ocre, la vallée du rio Horcones n’a pas pour rien servi de décor au film Sept ans au Tibet (1997), de Jean-Jacques Annaud.

Sommet mythique après l’Everest, le "colosse des Amériques" attire bon an mal an quelque 7 000 passionnés de haute montagne, dont 4 000 tentent l’ascension par l’une des deux voies principales, via le camp de base Plaza de Mulas, côté ouest, ou le Versant des Polonais, à l’est. Taux de réussite ? 40 %... et quelques décès chaque année, victimes du mal aigu des montagnes ou d’imprévisibles tempêtes.

Nulle crainte, toutefois, pour les trekkeurs, qui ne s’aventurent pas au-delà des 5 000 m, même s’ils doivent aussi observer des précautions élémentaires, dont celles de boire beaucoup d’eau et de respecter les temps d’acclimatation à l’altitude. En cinq jours, dont deux pour absorber les effets de l’altitude, on profite à plein des vues sous plusieurs angles de l’Aconcagua, avec Plaza de Mulas comme objectif.

Marche d’acclimatation

Ce type de trek ne présente pas de difficulté majeure pour les habitués de la randonnée en montagne. De bons souliers de marche, un ou deux bâtons, un sac à dos, des lunettes de soleil et des vêtements chauds constituent l’équipement de base. Pour faciliter le transport des bagages, la plupart des visiteurs du parc choisissent la mule.

Entre le point de départ (à 2 800 m d’altitude) et Plaza de Mulas (4 250 m), le dénivelé est modéré. Il faut certes déjà une petite journée de voiture et de marche pour partir de Mendoza et dormir au premier camp de base de Confluencia (3 300 m). La deuxième journée, en aller-retour jusqu’au mirador de la Plaza Francia (4 100 m), sert d’agréable marche d’acclimatation à l’altitude en bordure d’un rio tumultueux, puis d’un long glacier gris. C’est dans le décor de rêve de la Plaza Francia, entouré de montagnes, que se dévoile le fameux sommet de l’Aconcagua au-dessus d’un cirque enneigé. De retour sur le plateau pierreux de Confluencia, on a le temps de bavarder avec le cuisinier, un guide, d’autres trekkeurs ou alpinistes, surtout s’ils partagent les mêmes services d’une compagnie d’expédition. A chaque jour son rituel : la visite obligatoire au médecin du camp pour mesurer pression artérielle et oxygène dans le sang - le mal de l’altitude pouvant frapper même les plus sportifs -, avec effets variant du mal de tête à l’oedème pulmonaire ou cérébral.

Huit heures sont nécessaires, non chargés, pour rejoindre le vrai camp de base. Du bucolique bord du rio Horcones, la marche conduit à l’aride Plaza Ancha, large vallée aux allures de fjord asséché et caillouteux. Sa traversée peut s’avérer éprouvante par vent fort, soulevant des nuages de poussière.

Le sentier grimpe ensuite à flanc de montagne pour trois ou quatre heures encore, et avec quel bonheur atteint-on la cahute des garde-parcs de Plaza de Mulas, qui offrent aux courageux une tasse de maté revigorante à partager. Le village de tentes s’étage en trois plates-formes dans la pierraille, avec ses quartiers gérés par les compagnies d’expéditions, un bar et un restaurant.

Le jour suivant, décrété "de repos", laisse place au vagabondage : visite de l’Hôtel Aconcagua, charmant refuge de luxe installé à l’écart ; balade aléatoire dans le campement ; échanges avec des montagnards qui se préparent à l’ascension.

Venus de Sibérie, d’Autriche ou de France, sur- ou sous-équipés, ils forment une communauté internationale passionnante à rencontrer comme à observer... L’activité principale du trekkeur au repos consiste en effet, à la jumelle, à assister au spectacle des lentes colonnes d’alpinistes progressant sur le flanc de l’imposante muraille de l’Aconcagua, en surplomb du camp. A suivre jusqu’au soleil couchant, quand celui-ci étale une chaude couleur mordorée sur le sommet mythique.

Anne Pélouas
Article paru dans l’édition du Monde du 26.11.09


Contact : contact@terra-cordillera.com       Préparez votre voyage : Liens - Plan du Site - Départs groupés - Départs garantis
© Terra Cordillera 2017

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies, qui nous aident à optimiser votre expérience en ligne. Pour en savoir plus, cliquez ici