Pérou,

Le Pérou, pays de l’andinisme par excellence. Claude et Georges Kogan, Lionel Terray, René Desmaison, Nicolas Jaeger, Renatto Casarotto, et bien d’autres, autant de noms familiers de ce pays parsemé de cordillères. Pas moins de dix-huit au total pointillent la Cordillère des Andes mais seules quelques-unes sont connues des alpinistes, telle la fameuse Cordillère Blanche. Mais que venaient chercher ici nos illustres prédécesseurs ?
Le voyage, le dépaysement, des horizons inviolés, la gloire de nouvelles conquêtes, la rencontre avec un peuple accueillant et sa culture millénaire, des montagnes aux formes parfaites dignes des plus beaux rêves ? Certes, certaines « premières » n’étaient plus vraiment des « premières » ! Les Incas bien avant les conquistadors espagnols s’étaient hissés sur quelques-uns de ces sommets, lieux de rituel en l’hommage des Dieux, pour mieux mériter leurs faveurs et la clémence des volcans.
Récemment encore, en 1995, on retrouvait des momies incas vieilles de 5 siècles, dans le cratère du volcan Ampato près d’Aréquipa à 6300 m d’altitude.

Il faudra attendre le XXème siècle pour que les plus hauts sommets du Pérou soient foulés. En 1932, Schneider, Hein et trois autres compagnons atteignent le sommet Sud du Huascarán, point culminant du Pérou. En 1951, une équipe de Niçois mené par les époux Kogan réalisent les premières ascensions du Pisco, du Quitaraju et de l’Alpamayo considéré alors comme la plus belle montagne du monde. Pisco, sommet baptisé du nom de l’alcool local qui manque cruellement au moment de fêter cette belle victoire !
Un an plus tard, Claude retourne au Pérou et s’octroie la première ascension du Salcantay, beau sommet proche de Cuzco. En 1956, Lionel Terray découvre le pays des Incas. Il va marquer l’andinisme de ce siècle par son style alpin, léger et rapide. Son parcours andin débute par la longue arête Nord du Huantsan. Il sera le premier à fouler sa cime magnifique. « Cette brève expédition au Pérou sur ces pics aux formes hardies, que les gigantesques corniches et les draperies de glace parent d’une élégance sans rivale, m’a laissé un des meilleurs souvenirs de toute ma vie » écrit-il dans Les Conquérants de l’Inutile. Il revient 4 ans plus tard pour tracer des itinéraires audacieux sur des sommets escarpés et vierges de la cordillère de Vilcabamba, le Soray et le Nevado Veronica et dans la Cordillère Blanche, le Chacraraju et le Taulliraju.
Dans les années 1970, tous les sommets principaux sont gravis. Débute alors l’époque où les andinistes recherchent la difficulté et tracent des itinéraires directs. René Desmaison reste l’un des maîtres en la matière. Il rapporta même des films de ses ascensions les plus marquantes comme celles de la face Sud du Huandoy Sud, de l’arête Est du Chopicalqui ou de la face Sud du Chacraraju Ouest.
Nicolas Jaeger, par ses solos impressionnants sur le Nevado Santa Cruz ou le Taulliraju a lui aussi laissé son empreinte. Médecin, amoureux du Pérou, il a passé deux mois sur le sommet du Huascarán Sud à 6768 m pour expérimenter les effets de l’altitude sur le corps humain. Souvenons nous aussi de l’incroyable aventure de Joe Simpson et Simon Yates qui après avoir ouvert un nouvel itinéraire sur la Siula Grande dans la Cordillère Huayhash, vécurent un drame terrible au cours de la descente. Je ne saurais trop vous recommander la lecture de cette épopée, La Mort Suspendue qui vient de donner lieu à un film.

Les « premières » ne sont plus à faire mais l’aventure reste bien présente dans ce pays aux multiples cordillères. Le petit village de Huaraz au cœur de la Cordillère Blanche, s’est lentement mué en ville touristique, rendez-vous des andinistes du monde entier venus se frotter aux innombrables nevados tout proches.
Hôtels, restaurants, supermarchés, boutiques offrent toutes sortes de facilités et estompent progressivement l’ambiance andine de la capitale de la province Ancash. Mais, dès l’ores que l’on quitte la ville, on s’aperçoit que la montagne est restée authentique. Très vite, on a l’impression de marcher dans les pas de nos prédécesseurs.
Quelle que soit l’ascension que l’on vient faire, l’aventure est au rendez-vous Pour qui voyage rime plutôt avec inconnu, isolement ou découvertes de populations indigènes et cultures traditionnelles, un détour par les cordillères méconnues de ce pays est indispensable. Et là, il n’y a que l’embarras du choix : Cordillère La Viuda, Sara Sara, Huanzo, Urubamba, La Raya, Carabaya, Aricoma, etc., autant de noms qui suscitent la curiosité. J’ai eu l’occasion de faire le tour de la Cordillère de Llongote et j’en garde un souvenir merveilleux. La Cordillère de Vilcanota qui recèle des joyaux comme son point culminant l’Ausangate ou son satellite immédiat la Mariposa plonge le voyageur au cœur du Pérou traditionnel. Chaque année, le pèlerinage du Qollu Riti en juin attire des milliers de personnes sur les glaciers.
Enfin, pour qui part au Pérou pour marcher sur la trace des Incas, l’ascension des volcans autour d’Aréquipa offrira peut-être la chance de découvrir une momie, prisonnière de la glace depuis des siècles…

Texte de Patrick Wagnon, Glacialogue alpiniste


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