Machu Picchu,
Visiter le Machu Picchu donne le même frisson que rencontrer les pyramides d’Egypte : il faut accepter de sortir de l’univers des cartes postales, refermer la porte de son imaginaire pour ouvrir les yeux à la dimension réelle de sites mythiques…
Puis soudain, il s’offre. L’émotion submerge. Alors que des écharpes de brume s’accrochent aux arbres exubérants qui couvrent les pics des montagnes environnantes, la cité perdue s’ouvre devant nos pieds, baignée de mystère. Puis, au fur et à mesure que les heures s’égrainent, le Machu Picchu prend des teintes chaudes et dorées.
La citadelle est considérée comme un des plus extraordinaires exemples de l’architecture paysagiste du monde. Elle comprend deux zones : une zone agricole composée principalement par des andenes ou cultures en terrasses et des enceintes pour le dépôt des aliments, et une zone urbaine dans laquelle l’on remarque un domaine sacré avec des temples, des places et des mausolées royaux travaillés avec un niveau de perfection exquis. Des perrons et des canaux en pierre taillée se trouvent dans l’ensemble de ce site archéologique unique. Face à la citadelle s’érige le Huayna Picchu, qui, en quechua signifie « jeune montagne ». On peut y accéder par un chemin de pierre en pente. Situé dans le département de Cusco, sur une superficie de 32.597 hectares, le Sanctuaire Historique de Machu Picchu a comme fonction celle de préserver une flore et une faune très particulières, les beaux paysages des forêts des alentours, ainsi que celle de contribuer à la protection des vestiges archéologiques qui s’y trouvent.
Une grande partie de la beauté et du charme attribués à Machu Picchu se doit à son milieu naturel spectaculaire : les forêts de ce sanctuaire historique. Machu Picchu est en effet le foyer de créatures extraordinaires comme le petit coq des rochers -oiseau naturel du Pérou- et l’ours des Andes ou ucumari, le seul animal ursidé de l’Amérique du Sud. En outre, dans cette zone trouvent refuge le cerf nain ou sachacabra (animal rare), la tanka taruka et plus de 300 espèces d’oiseaux. Sa flore est particulièrement diversifiée et très intéressante : près de 200 espèces d’orchidées ont été enregistrées dans le sanctuaire.
Le majestueux Salcantay (6 271 m. d’altitude domine le paysage. Ce mont est vénéré par les habitants de la zone. Il est considéré un « Apu » ou divinité tutélaire. Machu Picchu est une combinaison de la majestuosité d’un scénario naturel et le charme des vestiges préhispaniques les plus célèbres du monde.
Alors peu importe que l’on connaisse si peu de chose sur ce « vieux sommet », habité dès le premier siècle de notre ère. S’agit-il d’une dernière cité construite par les Incas pour sauver leur culture ou la ville était-elle déjà abandonnée avant l’arrivée des Espagnols ? Une seule certitude, ce n’est qu’en 1911 que l’archéologue américain Hiram Bingham sortit le Machu Picchu de l’oubli. Moins d’un siècle plus tard, son succès pourrait bien devenir son pire ennemi.
L’UNESCO s’alarme en effet du piétinement des milliers de visiteurs sur cette île archéologique. Mettrait-il en péril son fragile équilibre ? Une raison supplémentaire pour laisser le temps s’arrêter quand on est face à sa splendeur et s’adonner au bonheur, si rare aujourd’hui, de la contemplation.
Intérêts touristiques
Pont à bascule Inca.
De l’autre coté des ruines, une jolie promenade part de la hutte du gardien, passe au sommet des terrasses et suit un étroit sentier á pic jusqu’au pont á bascule inca. Cette marche de 20 minutes permet de découvrir la végétation de la foret de nuages et différentes vue du Machu Picchu. On suppose par ailleurs que le pont-levis a été construit pour offrir plus de sécurité à la cité car le chemin s’interrompt dans l’abîme et ne reprend que grâce au pont. Ce pont singulier fait partie d’un des chemins les plus dangereux de toute la ville, débutant à " l’enceinte des dix embrasures ", au sud de la citadelle.
Ce sentier étroit a été construit spécialement sur le flanc de la montagne de granite. Il continue sur une distance de 2 km et s’arrête après un virage, pour donner sur un lieu vide, où un pont-levis en troncs avait été installé occasionnellement. Le pont est construit en troncs de bois introduits dans une fente du chemin de pierre, pour qu’il soit facilement retirable en cas de danger. Les constructions du chemin et du pont résultent d’une bonne étude de mesures de sécurité.
Intipunku ou Porte du soleil.
Au bout du parcours par lequel arrivent ceux qui parcourent le « chemin de l’Inca ». le complexe d’édifications de ce lieu semble avoir eu des fonctions militaires et de sécurité. En suivant le chemin partant de Machu Picchu vers le sud-ouest, à environ 2.5 km, vous trouverez l’Intipunku ou Intipuncu, signifiant " Porte du Soleil ". Il s’agit d’un point de défense de la Citadelle, reliée à celle-ci pour un " inti ñan " ou " Chemin Royal " que vous devrez emprunter. Vous observerez des autels aux fins liturgiques, dont les façades sont construites sur intervalles. Bingham les appelait " stations rituelles ". Intipuncu est une enceinte archéologique importante aux pièces et chaussées flottantes, émergeant comme des ailerons du flanc de la montagnes.
Cascade de Mandor.
La visite des chutes de Mandor est une expérience inoubliable. Elle est l’expression de la Haute Jungle entourant le village de Machu Picchu. Vous y accéderez en marchant 45 minutes le long de la ligne de train depuis Machu Picchu Pueblo. Vous arriverez au croisement des rails d’où vous observerez un petit hameau. Les habitants vous indiqueront le chemin à suivre pour arriver jusqu’aux Chutes de Mandor.
Bains thermaux.
Expérience relaxante. Ce « sauna naturel » dispose de différents bains d’eaux minérales aux températures variées. Les bains thermaux disposent des installations adéquates et constituent une des ressources naturelles principales nécessaires aux thérapies médicinales aux propriétés curatives, anti-stressantes, relaxantes, reconstituantes du métabolisme, l’hypertension artérielle, rhumatismes, élimination de toxines et autres .
Machu Picchu,

Le Huayna Picchu constitue un éperon formant part de la montagne, à la base semi-circulaire et baignée par les eaux du fleuve Urubamba. Ce mont est situé face à Machu Picchu. Son nom quechua signifie « jeune montagne » ou « montagne aiguille ». Il s’agissait d’un poste de vigilance, station de communication et centre d’adoration.
Sa cime est constituée de blocs de pierre énormes, soigneusement travaillés et inclinés, correspondant à un centre d’adoration ou Temple. Il offre une vue splendide sur la Place Principale de Machu Picchu, 400 mètres plus bas. Le panorama est impressionnant : le vertigineux Canyon de l’Urubamba aux nuances infiniment vertes contrastant avec les cimes merveilleusement blanches des glaciers. Pour y accéder depuis Machu Picchu vous devez compter presque une heure de marche sur un sentier aux escaliers en zigzag, aux précipices vertigineux. Si vous êtes bien acclimatés et souhaitez réaliser l’ascension du Huayna Picchu, dirigez-vous vers le nord de la montagne Machu Picchu, où se trouve la citadelle, et vous verrez une montagne plus élevée, le Huayna Picchu. Sa hauteur est de 2667 mètres et la superficie de sa cime est de 2000 m2. Sa première exploration a été réalisée par l’expédition de l’Université de Yale. Elle y avait trouvé une douzaine d’assises. La découverte de Hiram Bingham était sans aucun doute la plus importante, il l’avait baptisé « La Grande Caverne », renommée plus tard « Temple de la Lune ». La montée dure environ deux heures et demie, et faisable que jusqu’à 13h00. Vous devez vous enregistrer dans la cabane au début du parcours.
Construction des flancs. Sur la cime de Huayna Picchu se trouvent de nombreuses structures telles que terrasses, petites enceintes, roches travaillées, passages et tunnels, tous très réussis. Le chemin y conduisant traverse d’autres sites archéologiques situés sur les flancs.
Les environs. D’autres édifices et structures complètent la présence inca sur le Huyna Picchu. Un ensemble de terrasses andines se trouve devant le Temple de la Lune. Elles possèdent une longueur de plus de 50 mètres sur 2 mètres de hauteur, reliées entre elles par des escaliers de pierre. Vous trouverez également des édifices individuels sur deux étages, appelés canchas, et d’autres ensembles de terrasses et constructions. La montagne comprend au total huit sites archéologiques.
Temple de la Lune. Le sens artistique extraordinaire des Incas ne cesse de causer stupéfaction. Le Temple de la Lune est un exemple de plus de leurs constructions extraordinaires, un travail au ciseau. Ce complexe architectonique se trouve sur le flanc nord du Waynapijchu, à mi-hauteur de la cime. Les constructeurs avaient sculpté une grande enceinte dans une grotte, composée de niches et fausses portes insérées dans la roche, avec une gigantesque entrée de 8 mètres de hauteur sur 6 de large. Le travail est très fin et la localisation étonnante. Les théories portent à penser qu’il s’agissait d’une tombe royale, centre d’adoration et poste d’observation. L’enceinte est de base rectangulaire, les parois définies par la roche naturelle de la montagne. Elle dispose de 3 portes de 1.60 mètres chacune, en plus d’une latérale. Six niches en forme trapézoïdale se trouvent à l’intérieur des parois. Le temple proprement dit est constitué par une plate-forme sous une roche soulevée à presque 5 mètres. Son entrée mesure 8 mètres de haut. Vers la gauche vous trouverez de nouveau 5 niches en forme trapézoïdale à double piédroit. Cette oeuvre est l’un des travaux de pierre les plus délicats que vous trouverez dans les environs de Machu Picchu.
Machu Picchu,

Il s’agit d’une construction semi-circulaire sur une roche massive de 10.5 mètres de courbure. Cet édifice comprend deux fenêtres de forme trapézoïdale qui à l’époque étaient incrustées de pierres précieuses et or. Il est composé d’une série de constructions dominant le complexe de la citadelle. Il fut construit en blocs de pierre finement travaillés.
Nous distinguons vers le nord une porte aux piédroits perforés. Une cour rectangulaire se trouve à l’ouest du temple. Le « Temple du Soleil » était originellement un complexe très protégé et seulement utilisé par les prêtres et l’Inca. Les cérémonies populaires se réalisaient sur des surfaces ouvertes ou places comme à Machu Picchu ou Cusco. L’entrée au Temple du Soleil était une porte en bois double, magnifique. Elle disposait d’un système de sécurité avec des anneaux de pierre sur sa superficie intérieure. Deux pieux avaient du être accrochés sur le linteau de la porte, à l’intérieur des petites caisses taillées dans les piédroits intérieurs. Le temple avait été construit sur un énorme galet avec des pierres superposées parfaitement jointes. Sa forme est semi-circulaire, sa porte arrière droite. La paroi semi-circulaire comprend deux fenêtres, une donnant sur l’est et l’autre au nord.
Selon les scientifiques modernes, elles constituaient l’observatoire solaire le plus important de Machu Picchu. Le solstice d’hiver se mesurait avec précision par la fenêtre donnant sur l’est, en fonction de la projection de l’ombre sur la pierre centrale. Au centre du temple, vous observerez un autel en pierre taillée servant au cours des différentes cérémonies en honneur au Soleil. Il donnait lieu aux sacrifices animaux, pour analyser leurs poumons et viscères, avec lesquels les prêtres prédisaient l’avenir. L’Inca devait y boire la chicha (bière de mais) avec son père, le Soleil. La paroi arrière possède une fenêtre composée de petits trous taillés connue comme la Fenêtre du Serpent (nom donné par Bingham). Les trous sont similaires à ceux rencontrés dans le Temple des Étoiles, el Qorikancha de Cusco, qui selon Garcilaso, gardaient des ornements de pierre et métaux précieux.
Les parois droites du temple sont constituées, à l’intérieur, de niches trapézoïdales servant à conserver les idoles et offrandes. Certains auteurs indiquent que ce temple possédait un toit conique de paille, et l’appellent Suntur Wasi ou Tour Militaire.
La découverte

C’est le déluge ce matin du 24 juillet 1911, au pied du Huaynapicchu, montagne qui surplombe fièrement la vallée encaissée du Rio Urubamba… Chance ou destin ? Hiram Bingham s’était installé la veille à la tombée de la nuit sur les terres gardées par Melchor Arteaga, dans Mandor Pampa et c’est ce même Arteaga qui innocemment, lui livre le secret…
À l’époque, voir un Américain descendre le long de cette vallée oubliée était sujet de curiosité, car pas encore de train, juste un chemin qui servait d’axe commercial entre les Andes et la forêt amazonienne… et lorsque Bingham répond aux insistantes questions des locaux sur les raisons de sa présence dans ce lieu perdu, celui-ci parle de sa recherche du Vilcabamba, dernier refuge des Incas durant la Conquête… « Là haut aussi il y a des ruines » lui rétorque Arteaga, sans méfiance…
Très intéressé, Bingham insiste pour monter le lendemain et ce n’est qu’à contrecoeur que Arteaga accepte de braver les conditions climatiques ce matin là… pas de pont à l’époque, pas de chemin réellement tracé à travers la végétation luxuriante, vers un sommet que l’on ne voit même pas tant la brume est épaisse… Il leur a fallu traverser le torrent au risque d’être emporté mille fois, braver le dénivelé à coup de machette, au travers d’une végétation lugubre remplie de reptiles menaçants… plus de deux heures d’effort, de glissades sur un humus humide et froid, dans un brouillard à couper au couteau…
La pluie s’arrête au moment de leur arrivée au but… Melchor Arteaga mène Bingham dans une végétation dense mais sur un terrain plus plat, et déjà des restes de constructions se laissent deviner… la nature a eu largement le temps de reprendre ses droits sur ce lieu, mais quelques hommes tout de même avaient déjà repris pied sur une partie de la Citadelle…
En effet Hiram Bingham et Arteaga sont acueillis par deux familles résidant sur le site, installés depuis quelques années et qui cultivaient d’anciennes terrasses de cultures préhispaniques… Tous sont très étonnés de voir un étranger passer par ici et on n’hésite pas à lui montrer les lieux, répondant sans méfiance à la curiosité de l’explorateur… Le jeune Pablito, un des fils, invite Bingham à le suivre et lui fait découvrir quelques uns des endroits les plus représentatifs du site, devenant ainsi le premier guide du Machupicchu… le Temple du Soleil, la Place Sacrée et l’Intihuatana, à l’architecture si parfaite, belle et harmonieuse… Bingham pense alors avoir tout simplement avoir découvert le Vilcabamba, sans se douter de l’ampleur de la ville, qui encore pour quelques temps, dort sous une végétation impénétrable…







